Tuteur Privé

Lettre des fondateurs n°1 : De l’importance d’un modèle

Chers parents, chers élèves,

C’est une thématique qui m’est chère. Celle du grand-frère (ou de la grande soeur). Mais j’utiliserai l’image du frère car j’ai moi-même un grand frère qui a 1 an de plus que moi et qui a toujours été une grande source d’inspiration pour moi. Il s’appelle Eric, il a 31 ans et aujourd’hui il est manager dans une entreprise de conseil en stratégie.

Pour moi, c’est très important les grands frères et les grandes soeurs !! En 3 points, tout ce que mon frère m’a apporté.

1/ Il m’a initié à la lecture

J’étais le bagarreur qui cherchait toujours des ennuis et qui voulait avant tout jouer et faire du sport. Lui était l’intellectuel qui lisait des romans de Balzac de 300 pages dès l’âge de 12 ans et qui comprenait tout immédiatement à l’école sans jamais vraiment avoir besoin de travailler. Il lisait 3 fois plus vite que moi, il arrivait toujours en tête au concours Kangourou et lorsqu’on regardait des films en famille, c’était celui qui arrivait à anticiper la scène d’après et j’étais celui qui ramait à comprendre la précédente. Pour lui, tout était logique, facile même. C’était vraiment frustrant pour moi d’assister, impuissant, au spectacle de mon infériorité face à lui. J’avais un mental de compétiteur et je ne voulais pas qu’il me distance, alors je travaillais d’arrache-pied pour rester dans sa roue. Mais force est de constater qu’il travaillait 3 fois moins que moi, et que mes notes n’étaient pas plus élevées que les siennes !

Parfois, le dimanche, lui et mon père s’adonnaient à des sessions de lecture collective, durant lesquelles chacun prenait son bouquin et lisait son livre sur sa partie du canapé. Impossible alors d’aller faire du foot ou d’aller à la piscine. Je trépignais d’impatience pendant qu’eux vivaient une aventure qui semblait très intense dans le monde parallèle qu’ils s’étaient créé avec leur bouquin.

Alors, au bout d’un certain temps, fatigué de devoir convaincre et de les provoquer pour qu’on sorte se dépenser, j’ai fini par attraper moi aussi un livre dans notre grande bibliothèque boisée du 33 rue Philippe de Girard. Et c’est ainsi que je me suis mis à lire, ce qui me semble-t-il m’a plutôt servi par la suite.

2/ Il voulait toujours que sois meilleur que lui

C’est aussi ça un grand frère. C’est quelqu’un qui connaît bien son petit frère, qui arrive à l’appréhender et le pousser dans ses retranchements pour qu’il devienne meilleur que lui. J’étais son Anakin Skywalker et il était mon Obi-Wan Kenobi. Il représentait vraiment un moteur pour moi.

C’est ainsi qu’au lycée, j’ai commencé à obtenir de meilleures notes que lui. En redoublant d’efforts, j’avais finalement réussi à le doubler. Eric engloutissait moins les bouquins, mais sa mémoire était toujours aussi excellente et son humour de plus en plus aiguisé. Il commençait à faire la fête, à se développer socialement, et à la suite d’un déménagement qui a exigé de nous une intégration dans un nouveau lycée, Eric a rapidement pris ses marques et s’est rapidement imposé comme l’un des mecs les plus populaires du lycée. Son bagout, son humour, sa répartie à sécher les plus grands débateurs (mon père voulait qu’il devienne avocat) ne laissaient personne indifférent.

Malgré les soirées et les quelques grosses bêtises d’adolescents, Eric arrivait toujours à se sortir de son pétrin avec une facilité déconcertante et à se mettre son vis-à-vis dans la poche. Il était devenu très malin, tout simplement.
Alors je m’inspirais de ses tours de magie car comme je n’étais pas tout blanc non plus, je me disais que ça pourrait bien me servir. Sans vraiment le réaliser, il m’avait initié à l’importance des relations sociales, aux débats et à l’argumentation.

3/ Il a toujours joué le rôle de l’éclaireur et du protecteur, avec les parents mais aussi sur le plan scolaire et professionnel.

1 an de plus, ça n’est pas énorme ! Mais c’est suffisant pour endosser pleinement le rôle de grand frère, porter à tout prix la responsabilité des erreurs de notre fratrie et vouloir protéger celui qui a 1 an de moins.
Sur le plan scolaire, mon frère m’a beaucoup aidé. Nous nous destinions tous les deux à une école de commerce. Mais à la suite de sa terminale, il a intégré la Prépa Saint-Jean à Douai en rejoignant les classes du très controversé Christophe Cadet, directeur de l’époque. J’entrais alors en Terminale, et je réalisais que mon frère m’avait pré-maché tout le travail puisque les professeurs de langues et de SES m’adoraient avant même de me connaitre. Comme il avait intégré cette prestigieuse classe prépa et qu’il m’invitait à toutes les soirées, j’ai pu découvrir ce monde et j’ai eu envie de le rejoindre. Bien plus encore, il a poussé mon dossier auprès du directeur et sans lui, je n’aurais jamais été accepté (j’avais fait une grosse erreur de logique lors de l’entretien de recrutement).

Après sa prépa, il a intégré l’EM-Lyon, l’école des entrepreneurs. Rebelote: il m’invitait à ses soirées et pendant mes vacances de préparationnaire, je me déplaçais à Lyon pour passer du temps avec lui et goûter aux joies de ce monde des écoles de commerce que je voulais à tout prix rejoindre pour lui ressembler. Sur le campus de l’EM, rebelote : les gens m’adoraient avant même de me connaître et m’accordait immédiatement beaucoup de confiance et de curiosité, tout cela grâce à lui.

En résumé

Vous pourrez lire à travers ces lignes une déclaration d’amour pour mon frère, de qui je suis, par la force de choses, un peu moins proche aujourd’hui. Mais vous pouvez aussi y voir la description d’un modèle et d’un éclaireur, qui a toujours montré beaucoup de bienveillance et s’est toujours battu contre moi pour que je devienne la meilleure version de moi-même.

Alors, tout le monde n’a pas le privilège d’avoir un grand frère super-héros comme j’ai pu l’avoir.
Mais vous pouvez sûrement trouver ce grand frère spirituel, et c’est aussi ça le sens de Tuteur Privé. Pouvoir proposer un accompagnement de proximité par des jeunes inspirants qui ont ouvert la voie avant vous et de qui vous pourrez prendre le sillage.

Guillaume Gallard

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